Travail de nuit et effets sur la Santé

Un rapport de l’Anses confirme les risques pour la santé liés au travail de nuit

Travail de nuit Une expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en évidence de nombreux effets délétères du travail de nuit sur la santé. Elle préconise de meilleurs modes d’organisation du travail de nuit ainsi qu’une évaluation de ses coûts sociaux. De nombreuses études ont mis en évidence les risques sanitaires liés au travail de nuit. Le rapport que vient de produire l’Anses confirme ces conclusions.

 

Pourquoi un rapport de plus ? Au départ, l’ANSES a été saisie par la CFTC (confédération des travailleurs chrétiens) pour élargir l’évaluation des risques (notamment l’aspect risque cancérogène) à l’ensemble des horaires atypiques. L’ampleur et la complexité de la question a conduit l’agence à mettre à jour dans un 1er temps l’expertise existant sur le travail de nuit.

Dans un 2ème temps, une etude sera consacrée aux effets sur la santé liés aux autres formes d’horaires atypiques. L’Anact a participé aux travaux du groupe constitué par l’Anses sur ce sujet. « Elle a apporté son expertise sur les aspects socio-économiques du travail de nuit et sur la prise en compte du genre dans le recueil des données de santé : du fait de leurs différences biologiques et de leurs rôles sociaux, hommes et femmes ne subissent pas de la même façon le travail de nuit », indique Florence Chappert, chargée de mission à l’Anact.

Effets probables sur l’apparition de cancers

En 2012, la population concernée par le travail de nuit en France représentait 3,5 millions de personnes, soit 15,4 % des salariés (21,5 % des hommes et 9,3 % des femmes). En 20 ans, cette population a presque doublé (source : Dares). Le tertiaire (santé, transport, sécurité,…) est le secteur le plus exposé : 30 % des travailleurs de nuit sont dans la fonction publique, 42 % sont des salariés des entreprises privées de services.

Les effets sur la santé ?

Le rapport d’expertise de l’Anses les classe en 3 catégories : avérés, probables, possibles.

  • Somnolence, moindre qualité de sommeil, dette de sommeil, syndrome métabolique sont des risques avérés du travail de nuit.
  • Les effets sur la santé psychique, les performances cognitives, l’obésité et la prise de poids, le diabète de type 2 et les maladies coronariennes (ischémie coronaire et infarctus du myocarde) sont, quant à eux, probables.
  • Classés au rang des effets « possibles », on trouve les dyslipidémies (concentrations trop élevées de certains lipides dans le sang), l’hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux ischémiques.

Concernant le cancer, le rapport conclut à un effet probable du travail de nuit sur son apparition. Plusieurs études indiquent notamment un excès de risque de cancer du sein qui serait dû aux perturbations des cycles biologiques. (Note ATDL: les hommes ne sont pas épargnés car un excès de risque de cancer de la prostate est suspecté).

Enfin, le travail de l’Anses montre que la fréquence et la gravité des accidents survenant lors du travail de nuit sont généralement augmentées.

Cinq recommandations

Si l’Anses estime que le recours au travail de nuit peut se justifier « pour des situations nécessitant d’assurer les services d’utilité sociale ou la continuité de l’activité économique (hôpitaux, services d’utilité publique, etc.) », elle formule plusieurs recommandations pour prévenir ou limiter ses effets indésirables :

  • optimiser les modes d’organisation (tout ce qui réduit la désynchronisation et la dette de sommeil est à priori favorable)
  • réaliser un état des lieux des pratiques de terrain visant à protéger la santé des travailleurs de nuit (durée maximale quotidienne de travail, temps de pause, repos quotidien minimal, repos compensateur, suivi médical,…)
  • adapter le cadre réglementaire en vigueur à la protection de la santé des travailleurs de nuit et le faire évoluer
  • évaluer l’impact sanitaire des effets du travail de nuit (nombre de cas pour chaque pathologie potentielle)
  • évaluer les coûts sociaux associés au recours au travail de nuit (arrêts de travail, maladie professionnelle, absentéisme, vie sociale réduite, divorces…) au regard des bénéfices potentiels.

Lien : « Evaluation des risques sanitaires liés au travail de nuit », Avis de l’Anses, Rapport d’expertise collective, juin 2016.

Source de l’article: www.anact.fr/un-rapport-de-lanses-confirme-les-risques-pour-la-sante-lies-au-travail-de-nuit

Laisser un commentaire