Détecteur de saturation de cartouches de gaz

Une collaboration de l’INRS avec un fabricant d’EPI, prévue pour durer trois ans, devrait se terminer en 2017. Dans un premier temps, ce système intéressera la protection contre les solvants.
Detectsat sera monté sur le masque de
manière à utiliser des cartouches
standards. © INRS
Ma cartouche de gaz est-elle bientôt saturée ? La question préoccupe la plupart des salariés qui travaillent avec un masque de protection respiratoire. Pour les aider à gérer ce problème, les chercheurs de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ont développé et breveté un système innovant qui détecte la saturation des cartouches par les polluants grâce à des capteurs embarqués « La durée de vie de la cartouche est indiquée par l’une des trois diodes (verte, orange et rouge) », indique Didier Baptiste, directeur scientifique de l’INRS. « L’enjeu scientifique vise à comprendre les mécanismes qui conduisent à la saturation des cartouches par les polluants et de prévoir à quel moment la cartouche devra être remplacée ».

Pour passer du prototype à un produit industrialisable, l’organisme de recherche a signé en janvier 2014 une convention de collaboration avec un grand fournisseur européen d’EPI dont le nom ne peut être encore révélé pour des clauses de confidentialité. Ce protocole porte sur le transfert de technologie du Detectsat qui sera montée sur des masques équipés de cartouches de type A dédiées à la protection contre des solvants organiques peu volatils. Le dispositif devrait être finalisé en 2017 puis testé dans le réseau des Carsat avant d’être industrialisé. Parallèlement à cette application, l’INRS envisage de transférer ce dispositif à d’autres applications. « Par exemple, il pourrait y avoir des capteurs qui indiqueront en temps réel quel est le niveau de gaz dans son environnement de travail », imagine Didier Baptiste.
La surveillance de la qualité de l’air n’intéresse pas seulement l’industrie mais aussi les atmosphères de bureaux. Cette problématique mobilise également ses chercheurs. Avec l’Université de Lorraine, ces derniers ont développé un prototype pour traiter l’air des bureaux. Le prototype élimine par photocatalyse le formaldéhyde émis notamment par les revêtements de sol et les meubles de bureau. Une fois traités, les gaz sont maintenus dans un fluide de stockage. « Cela évite le relargage dans l’atmosphère de substances potentiellement toxiques », indique Didier Baptiste qui recherche des partenaires pour poursuivre le développement de cet épurateur d’air, notamment au niveau du design.

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